Cloud Atlas – Andy & Lana Wachowski et Tom Tykwer

Cloud Atlas s’annonçait comme l’un des grands films de l’année 2013. Très curieux de voir ce film, je fus néanmoins un peu déçu en sortant de la salle A du MK2 Bibliothèque, en ce dimanche après-midi pluvieux.

Cloud Atlas - Andy & Lana Wachowski et Tom Tykwer dans Science-fiction affiche-cloud-atlas-300x225

Une superbe réalisation

La réalisation est très soignée. Présenter en un seul film une histoire se déroulant sur 6 époques différentes (1849, 1936, 1973. 2012, 2144 et 2321) en entremêlant les intrigues était un sacré défi. Et de ce point de vue, Cloud Atlas est une grande réussite. Non seulement les différentes histoires s’enchaînent très bien et de manière intelligente mais les différents genres relatives aux 6 histoires (policier, humour, science-fiction, drame psychologique) se mélangent bien également. Il faut saluer aussi les acteurs qui, tous grimés ou presque, réalisent de bonnes performances, notamment Tom Hanks, Jim Broadbent (qui a interprété Horace Slugghorn dans la saga Harry Potter) et Hugo Weaving (acteur chouchou des frères Wachowski), avec son visage toujours aussi inquiétant. Hugh Grant joue un second rôle et j’ai été très agréablement surpris de le voir dans un film autre qu’une comédie romantique.

L’ensemble est donc très soigné, agréable à voir, on est emporté par cette fresque composée d’histoires différentes mais reliées par le même fil conducteur.

Chaque histoire est plaisante, avec bon suspens. Celles se situant en 2144 et en 2321 sont particulièrement intéressantes. La première se  situe à Néo-Séoul, ville futuriste où règne un ordre totalitaire et où des clones ont le rôle d’esclaves. Des rebelles cherchent à combattre le pouvoir et aidant une jeune femme, une clone, qui, malgré son conditionnement, s’est échappée du restaurant où elle travaillait et va découvrir que la réalité est bien différente de ce qu’elle croyait (toute ressemblance avec Matrix n’est pas une coïncidence ;) ). L’histoire de 2321 voit la Terre ravagée, en ruines, après la Chute (probablement une guerre nucléaire), où les survivants sont retournés à l’âge de pierre. Mais les Prescients, un petit groupe d’humains qui vivent avec la technologie ultra-sophistiquée d’avant la Chute, viennent voir les survivants « sauvages » pour qu’ils les aident à les guider dans un endroit maudit mais qui pourrait tous les sauver…

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La ville de Néo-Séoul

Sens du film

Mais, alors que je m’attendais à un dénouement épique, avec du souffle, les six histoires se résolvent simplement, presque de manière banale, sans surprises.

Et compte tenu de la forme du film et des six histoires, c’est vraiment dommage. J’ai pensé, lorsque le générique de fin défilait : « Tout ça pour ça ? ». Car au final, le film se contente de véhiculer un message universel au lieu de relier toutes les histoires par une seule et même « grande intrigue », dépassant les six histoires.

Quel est ce message ? Les personnages principaux luttent contre un ordre établi, un système répressif défendu par des personnages mauvais. Les forces du bien et du mal s’affrontent sans cesse, habitant différents corps dans différentes époques. Cela est illustré par des paraboles sur la réincarnation, sur le déterminisme, le destin… On peut débattre longtemps des symboliques et des images renvoyées par le film. Les multiples références et liens faits entre les six histoires sont très nombreuses, mais restent au final plutôt anecdotiques, sans signification déterminante pour l’intrigue. 

Le titre du film fait référence à la deuxième histoire, celle qui se passe en 1936. Cloud Atlas est le titre d’un sextuor, c’est-à-dire une écriture musicale à six parties solistes, composée par le héros de l’histoire. Il faut donc voir le film comme un sextuor, une œuvre de six histoires indépendantes mais formant un ensemble cohérent. Et si la forme du film est plutôt très bien maîtrisée, il est dommage que l’histoire ne soit pas à la hauteur de ce sextuor.

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6 Réponses à “Cloud Atlas – Andy & Lana Wachowski et Tom Tykwer”

  1. Kasseul
    30 septembre 2013 à 22 h 57 min #

    J’avais tellement entendu parler de ce film que j’ai finalement décide de le regarder. Je dois reconnaître que tout est bien mêlé, on a l’impression de vivre six films en même temps. Et pourtant, je me suis ennuyée. Je n’ai pas réussi à m’identifier aux personnages, j’ai été un peu déçue de voir que les histoires ne se mêlent pas plus les unes aux autres.

    • thibaultdelavaud
      1 octobre 2013 à 21 h 03 min #

      Ce sont effectivement les critiques qu’on retrouve le plus lorsqu’on parle de ce film. A chaque fois qu’un film ou un livre possède une forme maîtrisée mais que l’histoire déçoit, je pense : « quel gâchis ! ». Cela étant, Cloud Atlas reste tout de même de bien meilleure qualité que beaucoup de films de SF.

  2. Yannick
    26 mars 2014 à 22 h 58 min #

    Bonjour,
    Pour ma part, j’ai beaucoup aimé le film ET le roman dont il est tiré.
    D’ailleurs, je ne saurais trop vous conseiller de lire ce dernier. Peut-être vous éclairera-t-il sur les points que vous n’avez visiblement pas compris.
    D’où, sans doute, votre critique (que je trouve injuste), même si, sans l’avoir moi-même lu au préalable, je n’ai pas du tout eu la même impression de gâchis que vous en sortant de la salle.
    C’est même le film qui m’a donné envie de mon plonger dans ce livre.
    Les thèmes auxquels vous faites allusion ne sont pas du tout au centre de l’intrigue. En fait, vous évoquez le thème central à la fin de votre analyse sans vous rendre compte que vous passez à côté du précieux code qui permet de déchiffrer cette œuvre.
    Des la première scène, l’une des clés est donnée : l’esclavage.
    L’esclavage d’autrui, mais aussi celui que nous exerçons sur nous-mêmes à cause de toutes ces conventions que nous avons acceptées depuis notre naissance sans jamais les remettre en cause.
    Et c’est là le thème principal de ces 6 histoires, exprimé par cette réplique : toutes les frontières ne sont que des conventions. D’où, aussi, le lien avec les nuages, qui ne connaissent pas de frontières. Et le titre « cartographie des nuages ». Mais ce n’est pas la seule explication.
    Il faut entendre le mot frontière dans son sens le plus large. Les frontières géographiques, les frontières qu’on nous impose (l’ordre établi, pour reprendre votre expression) et les limites que nous nous infligeons à nous-mêmes.
    Et la conclusion de chaque histoire est que nos choix déterminent ce que nous sommes, ce que nous devenons et donc ce que nous apportons au monde, les changements que nous provoquons volontairement ou non (théorie de l’effet papillon) : sommes-nous un mouton qui accepte la condition qui est la sienne à la naissance, en suivant les règles établies par d’autres ou par ces conventions tellement ancrées dans la société que personne n’oserait les remettre en question, ou préférons-nous nous affranchir de l’esclavage qu’elles induisent sur nous, sur notre vie, sur nos croyances, sur nos choix ? Prendre le risque de vivre en toute liberté en assumant par avance les conséquences de nos choix (comme la mort de Sonmi et l’analogie avec l’histoire du messie et toute la symbolique spirituelle qui en découle, que vous n’évoquez pas), ou ne pas faire de vague et mener la vie que la société attend que nous vivions ?
    Voilà le vrai thème que vous n’avez pas su voir, d’après la critique que vous rédigez aujourd’hui. Du moins, vous l’évoquez à peine alors qu’il devrait être au centre de votre analyse.
    Il est bien plus profond et soulève davantage de questions que les messages que vous avez relevés (lutte du hein contre le mal, réincarnation, système répressif…).
    Car ces derniers, s’ils servent effectivement le fil de ces six histoires, ne sont que des excuses qui permettent de mettre en lumière le message véritable. Et leurs liens ne sont pas du tout anecdotiques. Les choix de chacun des protagonistes influe sur le destin de ceux des époques postérieures. Nous revoilà avec la théorie de l’effet papillon à une autre échelle…
    D’ailleurs, il y a un message dont vous ne parlez pas et qui relie encore ces six époques : le problème écologique soulevé par les avancées scientifiques. Car « la chute » n’a rien à voir avec une guerre nucléaire. Il s’agit tout simplement d’un accident dans une centrale nucléaire. Et pour être passé à côté de cette évidence que ni l’auteur du roman, ni les réalisateurs n’ont cherché à dissimuler, c’est que vous ne deviez pas être dans de bonnes dispositions pour regarder ce film le jour où vous êtes allé au cinéma.

  3. Yannick
    26 mars 2014 à 23 h 00 min #

    Fin de mon commentaire (trop long, désolé ☺️) :
    Il y aurait beaucoup à dire encore sur cette histoire. Ce roman est une source si abondante de réflexion qu’un simple article (et mon commentaire) ne suffiraient pas à la tarir.
    Je dis tout cela sans animosité, ni moquerie, bien entendu. Je voulais juste vous fournir une clé de lecture qui, visiblement, vous manquait afin de remettre les éléments dans leur juste perspective.
    Il serait dommage que vous passiez à côté d’une œuvre importante. Lisez le livre. Ne serait-ce que d’un point de vue littéraire (puisque vous êtes vous-même auteur) je suis sûr que vous en retirerez encore bien plus, car c’est une grande leçon d’écriture.
    Bonne lecture ! Et à l’occasion, visionnez le film à nouveau

    • thibaultdelavaud
      27 mars 2014 à 22 h 34 min #

      Merci pour avoir pris le temps d’écrire un si long commentaire. Ce qui est malgré tout dommage, en admettant que je sois passé à côté d’aspects importants, c’est le fait que le film n’ait pas réussi à captiver mon attention et m’émouvoir. Et je pense ne pas être le seul dans ce cas. Alors que le film aborde des thèmes forts et se veut ambitieux, la forme ne parvient pas selon moi à faire passer ce message de manière à ce qu’on puisse complètement y adhérer. C’est d’autant plus préjudiciable que le film est long et complexe dans sa structure. Ceci dit, je vous crois tout à fait lorsque vous dites que le livre « apporte » plus. Ce n’est pas la première fois qu’une adaptation cinématographique d’un roman échouerait à rendre le souffle et la grandeur de l’oeuvre originelle.

      Bonne soirée et à bientôt !

  4. Jacky Bourgogne
    12 décembre 2014 à 6 h 20 min #

    Je pense comme toi mon ami. Dommage pour les réalisateurs de Matrix, mais ce film trop complexe et au message obscur laisse un goût interrogatif sans vraiment convaincre. L’on sent néanmoins que c’est un film à revoir, ne serait-ce que pour comprendre quelque chose ;-)
    Le livre doit certainement être plus convaincant.
    Amicalement
    Jacky

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